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  • Remarques sur l’article « A propos des disputes ecclésiales en Europe Occidentale » publié dans le du Messager (en russe) de l’Action Chrétienne Russe (numéro 189, 2005)
  • Dans cet article, l’auteur, N. A. Struve, rédacteur en chef de la revue, critique sévèrement le mouvement pour l’ « Orthodoxie locale de tradition russe » (OLTR). Mais ce qui est étonnant, c’est qu’en citant le nom de notre association, il commet une erreur. Il l’appelle : « mouvement pour l’Eglise locale de tradition russe » utilisant le mot « Eglise » au lieu de « Orthodoxie ».
  • C’est une erreur grave et significative.

    Si notre mouvement proposait réellement de construire une Eglise locale seulement de tradition russe, alors les reproches de l’auteur auraient été sans doute justifiés.

    Mais nous ne l’avons jamais proposé.

    Nous voyons simplement qu’il y a, en Europe occidentale de plus en plus d’immigrants orthodoxes, des Serbes, des Roumains, des Russes etc. Il est clair que l’Eglise orthodoxe locale ne pourra exister que si elle les regroupe tous, avec les immigrés russes de la première vague et les Grecs, sans oublier les personnes d’origine locale, converties à l’Orthodoxie.

    La spécificité de notre mouvement se trouve dans notre souhait de donner à chacun la possibilité de prier, sans renoncer à sa tradition ethnoculturelle, car nous pensons que toutes ces traditions sont dignes d’estime. A plusieurs reprises nous avons déjà exposé comment il était possible d’y arriver. Et l’on peut ajouter que cela ne serait pas en conservant ou en créant des diocèses ethniques regroupés en une seule structure, car dans ce cas il subsisterait toujours plusieurs évêques sur un même territoire, ce qui contredit les canons.

    Bien sûr, il est possible de considérer que notre projet n’est pas réaliste, qu’il est utopique, que les Eglises mères ne seront jamais d’accord avec lui, mais il est difficile d’affirmer qu’il ne correspond pas à l’ecclésiologie orthodoxe.

    L’auteur de l’article se trompe aussi, gravement et de façon significative, sur un autre point. Il affirme que notre mouvement à été créé « à l’évidence » avec le soutien de Moscou. Dans les textes polémiques on a souvent recours à l’argument d’ « évidence » quand on voudrait présenter une affirmation comme véridique mais qu’on n’a pas la possibilité d’en apporter la preuve. Et dans le cas présent il est impossible de prouver un quelconque « soutien de Moscou » parce qu’il n’y a eu aucun « soutien de Moscou » pour la création de notre mouvement (ni de M. Loujkov ni de M. Poutine, ni de quiconque du Patriarcat de Moscou).

    Nous ne prônons absolument pas la soumission à Moscou, comme le prétend l’auteur de l’article. Nous constatons simplement que l’Archevêché était à l’origine, un diocèse de l’Eglise russe et, du reste, il s’appelle toujours « Archevêché des paroisses russes d’Europe Occidentale ». Nous savons que ce diocèse a été obligé, dans le passé, à se séparer provisoirement de l’Eglise russe, et qu’il a demandé la protection provisoire du Patriarche de Constantinople.

    En même temps nous pensons qu’il ne serait pas légitime qu’il retourne purement et simplement au sein de l’Eglise russe, en tant que diocèse ordinaire. Nos pères avaient déjà écrit cela en 1967, lorsque le Patriarche de Constantinople retira sa protection à l’Archevêché et lui conseilla de retourner dans le giron de l’Eglise russe.

    Et c’est uniquement parce que le Patriarche de Moscou, dans sa missive du 1er avril 2003, a proposé une voie tout autre, à savoir l’établissement d’une Métropole auto administrée, dans l’attente de la construction de l’Eglise locale, c’est uniquement pour cela, que nous estimons juste de rétablir le lien canonique avec le Patriarcat de Moscou.

    Encore une remarque à propos de cet article. Si l’on passe en revue le vocabulaire utilisé par l’auteur dans sa description de la vie de l’Archevêché, on s’aperçoit qu’il appartient au registre de la politique et plus précisément au fonctionnement de la démocratie française : « élection, premier tour, parti (pro moscovite), majorité, minorité, etc. » On peut alors supposer que, dans l’opinion de l’auteur, la démocratie doit régner dans l’Eglise. Mais il n’en est pas ainsi. C’est la Vérité et la conciliarité qui doivent régner dans l’Eglise. Et plaise à Dieu que Mgr l’Archevêque résiste à la tentation de ceux qui voudraient en faire un chef de parti (pro Constantinople ?) et non le bon pasteur de l’ensemble de son troupeau.

    Et, enfin, dernière remarque : à la fin de son article, l’auteur rappelle que l’archevêché est en communion eucharistique avec l’Eglise russe. C’est, bien entendu, l’essentiel. Mais en même temps on a l’impression que, dans l’esprit de l’auteur, notre communion doit se limiter à cela, en raison des nombreux défauts que l’auteur attribue au Patriarcat de Moscou. (« autoritarisme », « cléricalisme », « différence de culture », « faible niveau théologique »…). Mais alors cette communion eucharistique ne devient-elle pas purement formelle, ou pire encore, hypocrite, au lieu d’être le signe de notre réelle unité ?

    En définitive, pourquoi donc l’auteur condamne-t-il si durement notre mouvement et surtout pourquoi lui attribue-t-il des positions que, en réalité, nous n’avons jamais défendues ?

    Première supposition : c’est à dessein que l’auteur induit en erreur le lecteur, pour pouvoir mieux nous condamner. Mais sachant qui a écrit l’article, ce serait difficile à croire.

    Deuxième supposition : l’auteur a effectivement mal compris nos positions et, dans ce cas nous ne pouvons que dire : « prêtez enfin attention à ce que nous disons ! »

    Troisième supposition : tout en ayant tout compris l’auteur ne croit pas en notre sincérité et pense que, tout en disant une chose, nous en pensons une autre. Alors nous ne pourrions que regretter une telle défiance de la part de notre frère, et nous en affliger. Mais, dans ce cas, la faute ne serait pas de notre côté !

    • Séraphim REHBINDER
    • Président de l’OLTR
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